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DC

Patrick Gleason omnibus VO : le guide complet du collectionneur

Le dessinateur qui sait dessiner un enfant. Cela paraît anodin jusqu'à ce qu'on remarque combien peu y arrivent.

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Le comic de super-héros regorge de dessinateurs capables de représenter un adulte en costume qui frappe un autre adulte en costume. Beaucoup moins savent dessiner un enfant de dix ans qui en paraît dix, bouge comme un enfant de dix ans et a un visage d'enfant plutôt qu'un visage d'adulte rétréci.

Précision utile : on parle d'omnibus VO, les éditions américaines en anglais, pas des rééditions traduites publiées en France.

Patrick Gleason en est capable, et une part surprenante du DC moderne repose là-dessus : deux des runs les plus réussis de la ligne ces quinze dernières années parlent d'enfants, et il a dessiné les deux.

Reconnaître une page de Gleason

Des visages qui portent la scène. Son jeu d'acteur est ample sans être caricatural. Les personnages expriment avec tout le visage et les épaules, et c'est pourquoi les moments d'émotion des livres qu'il dessine frappent plus fort que le scénario seul ne le mériterait.

Des enfants aux bonnes proportions et au bon poids. Damian Wayne et Jon Kent sont physiquement petits dans ses pages, et ils bougent comme des enfants : déséquilibrés, rapides, occupant la mauvaise quantité d'espace. C'est la compétence technique qui a fait fonctionner ces runs.

Une anatomie qui devient étrange volontairement. Sur Green Lantern Corps, il conçoit des extraterrestres réellement non humains, avec des articulations et des masses qui ne se résolvent pas en un homme dans un costume. Puis il revient au naturalisme quand le récit l'exige.

Des cases qui respirent. Il donne toute la largeur aux moments calmes et garde la densité pour les combats, exactement l'inverse du style maison qui l'entoure.

Les deux runs qui comptent

Batman & Robin By Tomasi and Gleason Omnibus, 1 248 pages, est la collaboration qui définit les deux carrières. L'écriture est traitée dans le guide Peter J. Tomasi ; ce qu'apporte Gleason est la raison pour laquelle une histoire d'enfant difficile et de père endeuillé ne devient pas larmoyante. Il dessine Damian comme antipathique quand le scénario l'exige, ce qui est plus difficile que de le dessiner adorable.

Superman by Peter J. Tomasi and Patrick Gleason Omnibus, 1 128 pages, en est l'inverse chaleureux, et le run où il partage aussi le crédit d'écriture. Super Sons Omnibus, 600 pages, réunit les deux enfants et constitue la vitrine la plus pure de ce qu'il fait et que les autres ne font pas.

L'étagère cosmique

Green Lantern Corps by Peter J. Tomasi and Patrick Gleason Omnibus Vol. 1, 1 272 pages, et un second volume de 1 384 pages abritent le travail de design extraterrestre, et avancent en parallèle du matériel du guide Geoff Johns.

Il a aussi dessiné de longues portions de la série principale Green Lantern et Hawkman by Geoff Johns Omnibus, 704 pages, plus l'énorme Blackest Night Omnibus. Sur les livres d'événement à crédits partagés, il est un dessinateur parmi d'autres : achetez-les pour l'époque, pas pour lui.

L'exception Marvel

Amazing Spider-Man: Beyond Omnibus, 672 pages, est l'entrée atypique : un projet Spider-Man à créateurs tournants où ses pages voisinent avec celles de plusieurs autres. Bon à savoir, mais ce n'est pas là qu'il faut le découvrir.

Ce qui est achetable à un instant donné change ; la page Patrick Gleason présente l'étagère avec ces titres en tête. Le catalogue DC au sens large vit sur la page DC omnibus.

Par où commencer

Une seule recommandation : Batman & Robin By Tomasi and Gleason Omnibus. C'est la chose la mieux dessinée de l'étagère, elle se suffit à elle-même, et le run exige précisément la compétence qu'il possède et que personne d'autre n'a.

Si vous préférez le versant cosmique, Green Lantern Corps Vol. 1 montre le design extraterrestre à plein régime, même s'il se lit mieux entouré du matériel de Johns.

Pour qui cette étagère n'est pas faite

Son registre est lumineux, expressif et fondamentalement sincère. Si votre goût va vers le rugueux, la photo-référence et l'ombre lourde, ses pages vous paraîtront trop ouvertes et trop propres, et le jeu émotionnel trop large. Ce n'est pas l'étagère de qui veut des super-héros dessinés comme un film policier.

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