En 1975, les X-Men étaient un titre annulé qui republiait d'anciens épisodes. On a confié à Dave Cockrum le soin de les relancer avec une nouvelle équipe internationale, et ce qu'il a dessiné est la version présente à l'écran, sur les boîtes à goûter et dans toutes les adaptations depuis. Storm, Diablo et Colossus sont ses créations graphiques. Le costume brun de Wolverine qui a remplacé l'original aussi.
Précision utile : on parle d'omnibus VO, les éditions américaines en anglais, pas des rééditions traduites publiées en France.
Son étagère est courte et son importance sans commune mesure avec sa taille.
Reconnaître une page de Cockrum
Le design de costume avant tout. Il pensait aux vêtements en permanence : des capes qui servent à quelque chose, des bottes cohérentes, des silhouettes lisibles de loin. C'est pourquoi ses personnages ont survécu et pourquoi personne ne les a vraiment redessinés en cinquante ans.
Un trait net et généreux. Ses figures sont ouvertes et dégagées, plus proches de l'illustration que du rendu lourd qui a suivi. Les visages restent avenants même en plein combat.
Des réflexes de science-fiction. Il venait du space opera et cela se voit : mondes extraterrestres, machines et foules de créatures non humaines qui semblent toutes appartenir au même écosystème.
Un mouvement dessiné avec du poids. Les acrobaties de Diablo fonctionnent sur la page parce que Cockrum dessinait d'où venait le corps et où il allait, pas seulement la pose intermédiaire.
La relance
Uncanny X-Men by Claremont Omnibus Vol. 1, 826 pages, contient le matériel le plus important : la formation de la nouvelle équipe et les premières années du run qui a fait de ce titre le plus gros du comic.
Le versant écriture est traité dans notre guide Chris Claremont. Ce qu'apporte Cockrum explique que ces nouveaux personnages aient pris : ils ont l'air d'avoir toujours existé, ce qui est le plus difficile à obtenir avec une distribution inventée de rien.
Uncanny X-Men Omnibus Vol. 3, 1 056 pages, et le Vol. 5, 1 064 pages, portent son retour sur le titre après le dessinateur qui lui a succédé, et Phoenix Omnibus Vol. 1 et son second volume réunissent le matériel Phénix sur une période plus large.
L'étagère science-fiction
Cosmic X-Men Omnibus, 1 200 pages, rassemble le matériel spatial, là où ses réflexes de designer disposent du plus d'espace.
Micronauts: The Original Marvel Years Omnibus Vol. 1-2, 1 632 pages, est le livre de licence de jouets devenu véritable science-fiction, traité côté écriture dans notre guide Bill Mantlo. Cockrum a conçu une grande part de l'allure de cette série.
Toute l'étagère est sur la page Dave Cockrum.
Par où commencer
Une seule recommandation : Uncanny X-Men by Claremont Omnibus Vol. 1. C'est le commencement des X-Men modernes, il n'exige rien en amont, et c'est là qu'apparaissent tous les designs pour lesquels on se souvient de lui.
Si vous préférez la science-fiction aux super-héros, Micronauts Vol. 1-2 est la surprise de l'étagère.
Pour qui cette étagère n'est pas faite
C'est du Marvel des années 70 et le rythme s'en ressent : cartouches denses, dialogues qui expliquent l'action, intrigues qui se referment vite. Comparée au matériel de Claremont arrivé quelques années plus tard, la narration est ici bien plus simple.
Son dessin est aussi plus doux que ce qui a suivi. Qui associe les X-Men au registre sombre de la fin des années 80 — le matériel de notre guide Marc Silvestri — trouvera ces pages lumineuses et ouvertes d'une façon qui peut sembler datée plutôt que classique.
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