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Marvel

Marc Silvestri omnibus VO : le guide complet du collectionneur

Le dessinateur des X-Men les plus sombres, juste avant de partir contribuer à inventer les années 90.

Guide de lectureMarc SilvestriMarvelWolverineX-Men

Marc Silvestri a dessiné Uncanny X-Men pendant la période la plus sombre qu'ait connue le titre — ces années où l'équipe était présumée morte, opérait depuis le désert australien et perdait des siens régulièrement. Puis il a quitté Marvel pour co-fonder Image, et l'industrie a changé de forme derrière lui.

Précision utile : on parle d'omnibus VO, les éditions américaines en anglais, pas des rééditions traduites publiées en France.

Son étagère ici est cette période de la fin des années 80, et elle est d'une cohérence inhabituelle pour un dessinateur : presque tout appartient à une seule histoire continue.

Reconnaître une page de Silvestri

Des figures aiguës et anguleuses. Tout est arêtes. Mâchoires, épaules, cheveux et costumes se résolvent en pointes, ce qui donne même aux scènes calmes une tension que le scénario ne demande pas toujours.

Noirs lourds et hachures croisées. Il bâtit l'ombre par un trait dense plutôt que par des aplats, et cette texture explique que ses X-Men aient l'air usés plutôt que glamour.

Des visages qui montrent la tension. Ses personnages ont l'air fatigués et effrayés. Pendant une période où les X-Men perdaient constamment, c'était exactement le bon réflexe.

Une anatomie poussée au-delà du réalisme. Membres allongés, musculature exagérée, poses tenues pour l'effet. C'est la grammaire visuelle que les années 90 ont reprise et amplifiée, et on la voit se former ici.

Le run principal

Uncanny X-Men Omnibus Vol. 6, 1 208 pages, est la dose la plus concentrée de lui, à l'intérieur du run décrit dans notre guide Chris Claremont.

C'est l'ère australienne : l'équipe simule sa propre mort, s'installe dans une ville fantôme du désert et se met à opérer comme une unité de guérilla. C'est la portion la plus étrange de la période classique de la franchise, et son dessin explique en grande partie pourquoi cela fonctionne — le livre paraît isolé et épuisé parce qu'il l'a dessiné ainsi.

Les omnibus de crossover

Trois des plus gros événements de la ligne mutante figurent sur cette étagère, et il faut les comprendre comme des livres à l'échelle de la ligne plutôt que comme sa vitrine.

X-Men: Mutant Massacre Omnibus, 952 pages, est celui qui a changé le ton : un massacre dans les tunnels sous New York que l'équipe ne gagne pas, après quoi plus rien dans la franchise n'est léger.

X-Men: Fall of the Mutants Omnibus, 864 pages, et X-Men: Inferno Omnibus, 1 240 pages, poursuivent cet arc, Inferno étant l'invasion démoniaque de Manhattan qui règle des années de sous-intrigues d'un coup.

Les trois réunissent plusieurs titres par plusieurs équipes. Achetez-les pour l'époque.

Wolverine et après

Wolverine Omnibus Vol. 4 et Vol. 5 portent son travail solo sur le personnage, et Ghost Rider by Jason Aaron Omnibus, 536 pages, est le retour bien plus tardif traité dans notre guide Jason Aaron.

X-Men: The Messiah Trilogy Omnibus, 1 160 pages, est le matériel de crossover moderne.

Toute l'étagère est sur la page Marc Silvestri.

Par où commencer

Une seule recommandation : Uncanny X-Men Omnibus Vol. 6. C'est la plus longue portion continue de son travail, le matériel australien ne ressemble à rien d'autre dans la franchise, et cela tient comme récit et non comme crossover.

Si vous préférez l'événement célèbre, Mutant Massacre est celui dont on se souvient, avec la réserve qu'il y est un dessinateur parmi d'autres.

Pour qui cette étagère n'est pas faite

Ce sont les X-Men au plus emmêlé. L'ère australienne suppose que vous connaissiez une large distribution et plusieurs années de sous-intrigues, et les omnibus de crossover en supposent davantage encore. Ce n'est pas une étagère où entrer à froid — le classement des omnibus X-Men est un meilleur point de départ.

Stylistiquement, l'exagération anguleuse qui rend ses planches reconnaissables est aussi ce qui les date. Si le langage visuel du Marvel de la fin des années 80 et du début des années 90 vous a déjà rebuté, cette étagère ne vous fera pas changer d'avis.

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