Se rendre au contenu

Livraison gratuite en point relais disponible — Livraison à domicile suivie

Marvel

Critique : Daredevil by Frank Miller Omnibus

Une critique d’achat de l’omnibus qui transforme Daredevil en personnage urbain dont hériteront les runs suivants.

CritiqueDaredevilMarvel

Il existe des omnibus Daredevil plus faciles à recommander comme première lecture. Chip Zdarsky est plus fluide, Bendis paraît plus moderne, et Brubaker fonctionne très bien si tu connais déjà le personnage et veux du polar pur. Mais Daredevil by Frank Miller Omnibus est celui qui donne du sens à toute la bibliothèque Daredevil.

C’est la manière la plus honnête de le voir. Ce n’est pas seulement “un classique important” que l’on cite par habitude. C’est le livre où Daredevil devient vraiment Daredevil : la ville devient plus lourde, Kingpin cesse d’être un méchant emprunté à Spider-Man, Bullseye devient franchement sale, et Elektra apporte au run une romance condamnée que les auteurs suivants essaieront encore de retrouver.

Pourquoi cet omnibus compte encore

Le meilleur dans ce volume, c’est que l’on sent le personnage changer épisode après épisode. Au début, il reste encore beaucoup d’énergie Marvel ancienne : invités, ennemis ponctuels, situations assez pulp. Puis Miller resserre progressivement tout. Les rues deviennent plus sales. Matt paraît moins héroïque et plus piégé. Les personnages secondaires arrêtent d’être décoratifs et commencent à faire mal.

Pour un achat, c’est important, parce que ce n’est pas une simple collection vintage. C’est la base de presque tous les grands runs sérieux de Daredevil qui suivront. Quand Bendis transforme le titre en noir urbain, quand Brubaker insiste sur la prison et les conséquences, quand Zdarsky écrit Matt autour de la culpabilité et de la foi, ils travaillent tous dans une maison construite par Miller.

Ce que tu achètes vraiment

Cet omnibus rassemble Daredevil #158-161 et #163-191, plus du matériel de What If? #28. Autrement dit, le cœur du run de Miller et Klaus Janson : Elektra, Stick, la Main, la montée de Kingpin comme grand ennemi de Daredevil, Bullseye dans sa version la plus venimeuse, et le passage général du super-héros d’aventure vers le polar tragique de rue.

Il faut le dire clairement, parce que le rayon Miller peut prêter à confusion. Celui-ci est le run principal. Le Daredevil by Frank Miller Companion Omnibus est un autre achat, avec du matériel que beaucoup de collectionneurs considèrent aussi essentiel si l’on veut toute la photo Miller. Donc si tu prends seulement ce volume, tu n’achètes pas absolument toutes les histoires Miller célèbres de Daredevil. Tu achètes le run qui transforme la série régulière.

Ce qui marche vraiment

Quand ce livre fonctionne, il fonctionne très fort. Elektra marche parce qu’elle ne ressemble pas à un intérêt amoureux classique de super-héros. Elle apporte du danger, du regret et un mélodrame qui colle parfaitement à Matt. Kingpin est probablement la plus grosse amélioration du volume : il devient calme, puissant et inquiétant, comme s’il avait toujours été fait pour Daredevil. Bullseye aussi cesse d’être seulement un gimmick. Il devient laid, mesquin, cruel, et c’est exactement pour ça qu’il marque.

Le dessin fait partie du plaisir. Il ne faut pas attendre la propreté luxueuse d’un omnibus moderne. C’est plus rugueux, plus ancien, plus physique. Le travail de Klaus Janson donne de l’ombre et de la saleté aux pages. On a l’impression que tout appartient à une ville où tout le monde est fatigué. Pour Daredevil, c’est une qualité.

La réserve

La réserve, c’est que cela se lit comme une BD ancienne. Pas mauvaise : ancienne. Il y a plus de narration qu’un lecteur moderne n’en attend parfois, le rythme n’est pas toujours élégant, et certains premiers épisodes montrent encore la série en train de trouver sa nouvelle identité plutôt que déjà installée comme le chef-d’œuvre dont on parle.

C’est là que la décision d’achat devient intéressante. Si tu veux simplement un Daredevil contemporain, fluide, facile à lire, Zdarsky Vol. 1 est probablement plus accueillant. Si tu veux le polar moderne le plus immédiat, Bendis ou Brubaker peuvent parler plus vite. Mais si tu construis un vrai rayon Daredevil, Miller n’est pas vraiment optionnel. Tôt ou tard, tu reviens ici.

Verdict d’achat

Je ne le vendrais pas comme l’omnibus Daredevil le plus facile. Je le vendrais comme le plus important. C’est un meilleur achat pour quelqu’un qui veut comprendre le personnage que pour quelqu’un qui cherche seulement une lecture confortable de week-end.

Si tu aimes déjà Daredevil, prends-le. Si tu construis une collection Marvel autour des livres qui ont vraiment changé des personnages, prends-le. Si tu débutes et que les comics plus anciens te font peur, commence peut-être par Zdarsky ou Bendis, puis reviens quand tu sais que Matt Murdock t’intéresse vraiment. Mais une fois que c’est le cas, ce volume devient très difficile à ignorer.

Discussion

Commentaires

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier à partager votre avis.

Laisser un commentaire

Continuer la lecture

Plus sur le blog

De l'article à votre étagère

Chaque run que nous couvrons est disponible dans notre boutique dans la meilleure édition omnibus possible.